Avec la chute du Bas-Empire (476), les corporations romaines (collegia) tendent peu à peu à disparaître et les corps de métiers ne renaissent véritablement qu’aux XIIè-XIIIè siècles dans tout l’Occident médiéval, principalement sous la forme des "métiers jurés", c’est-à-dire des métiers pour l’exercice desquels il est obligatoire d’adhérer par serment au corps des artisans de la profession.

S’agissant plus particulièrement de la France, on note qu’au XIIIème siècle, à la demande du roi Saint Louis, le prévôt de Paris, Étienne Boileau rédige le Livre des métiers qui codifie les statuts des corporations parisiennes.
A cette époque, ces "jurandes" (le terme de "corporation" n’apparaît qu’au XVIIIè siècle) regroupent les maîtres, les compagnons (ouvriers formés qui ont éventuellement perfectionné leurs connaissances techniques en réalisant le "tour de France"), ainsi que les apprentis (venus apprendre le métier chez un maître).
Toutefois, alors qu’au XIIIè siècle, l’accès à la maîtrise est soumis à certaines conditions de capacités professionnelles (notamment réaliser un "chef d’œuvre"), peu à peu, on observe une décadence du système corporatif. En effet, d’une part, les corporations se referment sur elles-mêmes puisque les fils de maîtres sont favorisés pour devenir maître à leur tour. D’autre part, elles se révèlent de plus en plus inadaptées aux conditions économiques nouvelles (création des manufactures d’État) et aux doctrines économiques libérales naissantes (physiocratie, capitalisme).

En 1776, Turgot, ministre de Louis XVI tente de supprimer les corporations, mais cette tentative se solde par un échec et le roi est contraint de les rétablir au cours de la même Toutefois, le système corporatif est finalement aboli par les révolutionnaires en 1791 (décret d’Allarde et loi Le Chapelier) et il s’écoulera pas loin d’un siècle (1889) avant qu’il ne soit à nouveau question des corporations en Alsace et en Moselle.
En effet, au lendemain de la défaite de la France en 1871 et du rattachement de l’Alsace à l’Empire des Hohenzollern, la législation allemande réintroduit en Alsace le système corporatif et, en particulier, la possibilité de créer des corporations obligatoires (Cette réglementation est intégrée dans le Code Local des Professions – loi du 26 juillet 1900).
A l’issue des deux conflits mondiaux, ces dispositions du droit local ont été maintenues en vigueur jusqu’à nos jours (en particulier par la loi 1er juin 1924).
Concernant l’évolution et le fonctionnement des Corporations en France jusqu’en 1789, on pourra notamment consulter l’ouvrage suivant : François OLIVIER-MARTIN, L’organisation corporative de la France d’Ancien Régime, Paris, 1938.
S’agissant plus spécifiquement de l’organisation des Corporation en Alsace-Moselle, il convient de se reporter avec intérêt à l’étude de Jacques BOURGUN, Les Corporations d’Alsace, édition Chambre de Métiers d’Alsace, Strasbourg, 1992.
L’organisation corporative comprend :
l’Assemblée Générale réunissant tous les membres adhérents au moins une fois par an. Cette assemblée a pour compétence d’approuver les comptes annuels de la corporation, d’élire les nouveaux membres du Comité Directeur et d’entériner les modifications éventuelles des statuts corporatifs (dispositions juridiques régissant l’organisation et le fonctionnement de la COPFI).
Le Comité Directeur qui est l’organe collégial de direction de la corporation et qui regroupe 18 membres élus par leurs pairs lors de l’Assemblée Générale. Les membres de ce comité désignent le Président de la corporation, ainsi que les autres membres du Bureau.
Depuis le 20 avril 2012, le Président de la COPFI est M. Christian MEYER.
Le Bureau de la corporation composé de 5 membres, dont le Président, les 2 Vice-Présidents, le Trésorier, le Secrétaire. Il a pour mission de prendre les mesures urgentes à la place du Comité Directeur, à charge pour lui de rendre compte ultérieurement desdites décisions devant les autres membres du Comité Directeur.
Les Commissions de Travail qui se réunissent régulièrement, afin d’approfondir l’étude de certaines questions intéressant directement l’ensemble de nos adhérents : la formation, la sécurité et les conditions de travail, les énergies renouvelables, la communication au moyen d’Internet, l’organisation de manifestations, notamment.

Le Secrétariat de la COPFI regroupant trois permanents :